Ortie


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Vous allez tout (ou presque) savoir sur l’ortie. Loin des mauvais souvenirs d’enfance, elle vous montrera toute sa douceur, ses qualités nutritives et médicinales. Mais évidemment ce n’est pas une plante décorative, on en fait beaucoup de choses sauf des bouquets  😉

 

 

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Les propriétés de l’ortie :

L’ortie est, dans notre environnement le plus proche, la plante la plus riche en chlorophylle et donc la plus riche en vitamines et minéraux (au-delà, c’est du côté des algues qu’il faut chercher). C’est sa feuille que l’on consomme et  qui est particulièrement riche en calcium, en fer, en bore, en béta-carotène ou pro-vitamine A, en α-tocophérol (vitamine E), ainsi qu’en vitamine C (6 à 7 fois plus de vitamine C que l’orange). Dans 100 grammes de feuilles d’ortie fraîche, on a la totalité des Apports Journaliers Recommandés de calcium et de fer, ainsi que 6 fois les A.J.R. de pro-vitamine A et 4 fois ceux de vitamine C (raison pour laquelle l’ortie est à consommer plutôt le matin ou à midi que le soir).
L’ortie constitue aussi un apport en protéines important, supérieur au soja!
En fait, l’ortie contient les vitamines et minéraux dont la carence est la plus fréquente chez l’homme moderne, ce qui en fait l’un des meilleurs compléments alimentaires.
Et la croyance populaire qui a toujours fait de l’ortie un tonique de printemps est justifiée par la science, puisque des études ont montré que les taux de protéines et de fer contenus dans l’ortie sont à leur maximum au mois d’avril.
Maria Treben, herboriste autrichienne auteur du best-seller « La santé à la pharmacie du Bon Dieu », insistait sur la nécessité d’utiliser des orties fraîchement cueillies pour un succès thérapeutique assuré. (Beaucoup d’autres plantes perdent également une grande partie de leurs propriétés en séchant : la mélisse, l’échinacée, la bardane, la pariétaire…).
En résumé, l’ortie est un remède et une panacée universelle. Pourquoi est-elle si peu reconnue de nos jours ? Peut-être est-ce dû au fait qu’elle a souvent été utilisée au cours des famines (et en a sauvé plus d’un) ou qu’elle semble tellement peu amène à être cueillie…

Comment l’utiliser :

L’idéal, si vous vous sentez prêt à le faire, c’est de manger la feuille crue, en veillant bien à la saisir par le dessous de la feuille (pas de piquants) et à la replier sur elle-même autant de fois que nécessaire – en appuyant bien- afin qu’aucun piquant ne demeure au toucher. Sinon, faites en des infusions (une ou deux feuilles pour une grande tasse d’eau bouillante, à infuser 10 minutes). Le goût prononcé de chlorophylle peut donner l’impression de « boire de l’herbe » mais l’on s’habitue très vite et cela devient un plaisir d’en boire toute la journée, surtout en cette saison.
Vous pouvez aussi cuisiner : en purée ou revenue à la poêle, le goût est entre les épinards et l’oseille – elle se marie d’ailleurs bien avec l’oseille – (adaptez donc vos recettes pour ces légumes). Nous l’utilisons parfois dans le pain. Vous pouvez en faire un sorbet ou des petits gâteaux.
Vous noterez qu’une fois mouillée, l’ortie perd de son piquant. L’usage de gants est cependant recommandé pour la préparer car il faut séparer les feuilles des tiges. Si vous souhaitez utiliser des orties sèches, sachez que c’est une plante délicate à sécher. Cette opération doit être faite rapidement, à 40° dans un local bien ventilé, et surtout dans l’obscurité. En effet, les vitamines C, E, K et B9 (acide folique) sont particulièrement sensibles à la lumière.
Au jardin aussi, l’usage de purin ou de feuilles d’orties est connu et fait même l’objet de débats en haut lieu !

Des vertus curatives :

L’ortie, consommée d’une manière courante assainit le milieu interne, dissout les cristaux d’acide, draine le foie, évacue les rétentions liquides diverses, améliore les rhumatismes des grands carnivores, régénère le sang, fortifie le corps . Elle joue encore un rôle contre les irrégularités glycémiques, contre les hémorroïdes, la goutte, les douleurs rhumatismales, contre l’oligurie et les troubles de la prostate, ainsi qu’une certaine prévention de la calvitie (cataplasmes sur la tête). Dans de nombreux pays, on utilise traditionnellement la décoction d’orties dont on imprègne un cataplasme destiné à arrêter les saignements divers. Des feuilles d’orties fraîches écrasées avec les doigts et placées dans le nez, par exemple, arrêtent aussitôt le saignement.

Voici ci-après, les différentes vertus de l’ortie :

Adaptogène
Elle régularise les fonctions vitales en améliorant le fonctionnement général de l’organisme, stimule les défenses immunitaires et améliore la résistance physique. Ce qui en fait une plante particulièrement intéressante pour les sportifs, les travailleurs manuels et les personnes âgées.
Avec ses vertus anti-asthéniques (contre la fatigue) grâce à la vitamine C et aux minéraux et oligo-éléments qu’elle contient, elle sera utile pendant les périodes de croissance, de régime mais aussi de déprime et d’examens (elle favorise l’attention et la concentration).
Dépurative
L’ortie possède une extraordinaire capacité à éliminer les toxines accumulées dans l’organisme : urée, ions chlore et acide urique. Ceci grâce à ses propriétés diurétiques.
Diurétique
L’ortie augmente le débit urinaire au début du traitement (urines + foncées), mais son utilisation exige de boire des quantités d’eau importantes pour ménager la fonction rénale.
Anti-rhumatismale, anti-goutteuse
Grâce à ses propriétés dépuratives et reminéralisantes, l’ortie améliore la fonction des articulations en chassant les dépôts métaboliques et en améliorant la qualité des cartilages, grâce à sa richesse en silice (moindre toutefois que celle de la prêle = 80 %).
Anti-anémique
L’ortie constitue l’un des meilleurs remèdes naturels contre l’anémie. Du reste, le fer contenu en abondance dans la chlorophylle de ses feuilles est particulièrement assimilable.
Anti-scorbutique
L’ortie a été utilisée au XIXème siècle pour guérir le scorbut. Les peaux rouges l’utilisaient du reste pour cet usage. Sa richesse en vitamine C plaide tout à fait dans ce sens.
Hémostatique, anti-hémorragique
De nombreux témoignages comme ceux de Cazin et du Dr Henri Leclerc confirment les remarquables propriétés hémostatiques du jus d’ortie fraîche efficace à forte dose (un verre matin et soir), aussi bien en hémorragie externe qu’interne.
Galactogène (feuilles et graines)
Elle favorise la montée de lait (aussi bien chez les humains que chez les animaux). Propriété largement constatée chez les nourrices autrefois et utilisée dans plusieurs spécialités vétérinaires.
Emménagogue (racine)
Tout comme elle a la propriété de régulariser les urines et les selles, l’ortie provoque les règles en cas d’absence et les diminue en cas d’excès. C’est vraiment la plante de l’équilibre.
Anti-allergique, anti-histaminique
Bien qu’allergisante par son pollen, l’ortie possède des propriétés anti-histaminiques utiles dans le traitement de l’allergie, en traitement de longue durée.
Aphrodisiaque (graines)
Les graines d’ortie à membranes (Urtica membranacea) sont réputées comme les plus aphrodisiaques.
Alcalinisante
Permet de restaurer l’équilibre acido-basique, mis à mal par l’alimentation moderne très acidifiante (trop de sucre, de viande, d’alcool et pas assez de fruits et légumes).
Anti-inflammatoire (surtout la racine)
Cette propriété est notamment utilisée dans le traitement de l ‘adénome de la  prostate.
Anti-cancéreuse ?
Plusieurs études in vitro et in vivo ont montré l’intérêt de l’ortie comme adjuvant dans le traitement du cancer.

 

S’il ne devait y avoir qu’un léger bémol à mettre à l’usage de l’ortie,
c’est de toujours s’assurer de sa culture biologique
car elle a la faculté de concentrer les métaux lourds et les pesticides.
Si vous récoltez l’ortie vous-même, évitez les bords des routes
et soyez sûrs que la zone n’a pas été traitée avec du Round Up ou une autre
Il faut également éviter les feuilles âgées qui ont mauvais goût
et contiennent du carbonate de calcium irritant pour les reins.
Dans de rares cas, une consommation très importante d’orties peut avoir pour effet
de réduire fortement les urines (oligurie), ou de provoquer une légère irritation gastrique.
Il faut alors cesser de la consommer.

Mises à part ces quelques précautions importantes à prendre,
l’ortie est une plante saine, sans toxicité particulière.

Charles Hervé-Gruyer

 

 

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