Le Bec Hellouin, le 3 janvier 2012

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Bonne et heureuse année à vous, AMAPiens !
Que vous soyez normand ou parisien, nos vœux vont vers vous. Cette nouvelle année est aussi l’occasion de vous remercier de votre fidélité et de vous faire part des dernières nouvelles de la ferme. La fin de l’année s’est finie en T shirt : 15° le 31 décembre, 16° le 1er janvier, des températures estivales à Noël ! Un hasard ? D’après Météo France, 2011 a été l’année la plus chaude depuis 1900, et, sur les 15 années les plus chaudes depuis cette date, 10 ont eu lieu depuis 1995…  Signe indéniable, hélas, du réchauffement climatique…

Je me sens concerné depuis longtemps par cette problématique car, lorsque nous faisions le tour du monde en bateau, nous avons été confronté, lors de nos rencontres, à cette triste réalité. En Mauritanie, notre ami Djibril vivait dans un bidonville de Nouadibhou, comme 700 000 de ses compatriotes chassés du désert par la sécheresse. Il nous racontait que son père élevait 80 vaches dans le sud du pays, lorsqu’il était enfant. Lui n’avait que deux chèvres mangeant des ordures… Tout aussi squelettiques que ses enfants.

Aux Maldives, nous avons découvert un paradis sur terre. Nous avons été autorisés à séjourner à Fehendoo, un atoll interdit aux touristes où nous avons été merveilleusement accueillis. Nos nouveaux amis vivaient tous de la mer. Mais, pour les pêcheurs, la vie était devenue franchement difficile. Nous avons plongé avec eux : autour de cet atoll isolé, perdu au milieu de l’Océan Indien, le corail était mort, victime du réchauffement des océans. Des étendues de squelettes blancs à perte de vue… La montée du niveau des eaux menace les îles elles mêmes : leur altitude moyenne n’est que de 90 cm ! La violence accrue des tempêtes tropicales les balaye parfois en partie. A Mahé, capitale de l’archipel, le Président de la République des Maldives nous a fait part de ses préoccupations : l’archipel risque fort d’être rayé de la carte…

Tout ceci nous motive au plus haut point pour explorer une agriculture qui contribue à lutter contre le réchauffement climatique. Quel lien entre le climat et l’agriculture ? En bref, notre alimentation représente 30 % au moins de notre empreinte écologique. L’agriculture rejette massivement des gaz à effet de serre. Notre pratique, au Bec Hellouin, présente plusieurs intérêts : non seulement nous n’utilisons pratiquement pas de pétrole au stade de la production, mais le carbone est stocké dans les arbres, omniprésents dans ce système, et dans les sols (la matière organique est du carbone).

Merci à chacun d’entre vous de nous accompagner, par votre fidélité, dans cette démarche riche de sens. Nous sommes très marginaux aujourd’hui, mais ce système peut devenir une bouée de sauvetage demain. Si nous ne limitons pas le réchauffement climatique à 2° au dessus des moyennes actuelles, il est probable que, par des phénomènes d’entraînement (fonte des glaces et du permafrost…) le réchauffement s’emballera. La vie deviendra alors très difficile sur Terre, pour les humains en particulier.

Pour en revenir à la météo de ces dernières semaines, la douceur s’est accompagnée de pluies diluviennes. Comme nous sommes situés dans un fond de vallée, la serre a été inondée et les allées des jardins sont autant de petits canaux plein d’eau. Heureusement les buttes ont permis aux cultures de garder la tête hors de l’eau, mais l’humidité et la chaleur ont fait des dégâts : les salades ont pourri au collet et les parasites (limaces, vers des carottes et radis) sont toujours actifs car le gel ne les a pas tués. Par contre, d’autres légumes, comme les navets des Vertus marteau, ont continué à bien pousser.

Les contenus des paniers de cette semaine n’appellent pas de remarque particulière : que des classiques !

Avec toute notre amitié,
Charles, Perrine, Ludivine et Jean-Claude

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