CR – Visite chez Benjamin Chiquet

Nous sommes partis à cinq pour la Ferme « Le Village » – AMAP de Goussonville, (Yvelines), pour voir Benjamin Chiquet, mercredi 19 octobre 2011.
Étaient du voyage : Katia P., Olivier L., Vincent D., Prune R.(3 ans) et Julie K.

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Benjamin est un jeune agriculteur qui va sur ses 26 ans. Il décidé d’installer son exploitation il y a trois ans, dans son village natal et y a initié un projet d’AMAP, « Le village ». Il travaille sur sa ferme tout seul, à plein temps. Il a actuellement deux stagiaires en formation agricole qui sont présents certains jours de la semaine. Une des stagiaires restera une année. Il cultive une surface de 2000m2 de serre et 1,8ha de plein champs (maraîchage et verger).

L’AMAP “Le Village” fonctionne depuis deux ans (septembre 2009) et nourrit 30 familles du village. Il y a  deux distributions par semaine qui ont lieu au lavoir du village : 15 paniers le mardi et 15 le vendredi. Il y a un mois de rupture contractuel chaque année en avril ainsi que deux semaines pendant les vacances de Noël. Benjamin écoule également une partie de sa production auprès de restaurateurs parisiens.

Benjamin a une formation d’ingénieur à l’école de biologie industrielle. Il a eu l’opportunité de se former à la culture maraîchère chez M. et Mme Vuillon, premiers producteurs français en AMAP, pendant plus d’un an. Ce stage l’a bien inspiré. Il est parti en Malaisie pour parfaire sa formation avant de rentrer à Goussonville dont il est originaire, et de se lancer dans sa ferme… Nous l’avons visitée en détail.

Nous avons commencé par la visite des serres, non sans remarquer un bassin de rétention des eaux de pluie de 350m3. Celui-ci sert à l’irrigation en goutte-à-goutte des différentes plantations dans les serres.
Les serres ont une surface totale de 1 860m2. Benjamin y cultive choux, tomates (Benjamin est un fan de tomates), aubergines, blettes, courgettes, etc… Il ne veut utiliser aucun intrant chimique de synthèse, même pas ceux autorisés par le label AB. Il est très critique sur le label qu’il juge beaucoup trop permissif, mais il a choisis de demander sa certification (et il l’a obtenue) pour rassurer les familles de l’AMAP au démarrage de son activité, mais souhaitent à terme s’en passer.
Il utilise certaines associations fleurs/légumes comme les œillets d’inde, dans certaines cultures de ses serres, afin d’empêcher le développement des nématodes (vers ronds parasites). En lisière de certaines cultures de plein champ, il a planté des tournesols pour attirer les insectes pollinisateurs. Chaque année il essaye d’introduire des pratiques favorisant la biodiversité du lieu.

Benjamin fait ses plantations à la main. La terre est décompactée mécaniquement à l’aide d’un tracteur puis formée en buttes sur lesquelles sont faits les semis. En hiver, dans les serres, il met des voiles d’hivernages (non tissé BTT120 ou P17) sur les plants pour les protéger du froid.
Il a a mis en place un système de canalisations pour récupérer les eaux de pluie coulant sur les serres et les amener directement dans le bassin de rétention. L’eau est ensuite pompée, rééquilibrée en minéraux, pour alimenter les goute-à-goutes. Il tombait à verse une pluie glaciale lorsque nous sommes arrivés dans les serres.

Cette année, au printemps, il avait décidé d’installer une ruche avec des milliers d’abeilles à l’intérieur pour fabriquer son propre miel. Mais seulement une trentaine d’entre elles survécurent à l’épandage dans le champs d’un voisin de produits phytosanitaires cet été… Benjamin est entouré de producteurs conventionnels.

Une autre partie des cultures de Benjamin est en plein champ. Il a planté ces jours-ci des aulx (un ail des aulx), à la main, 5-10cm d’écart entre chaque pied. Un travail éreintant.

Un vieux verger côtoie la zone des cultures. Certains pommiers, trop anciens pour donner des fruits, ont dût être coupés. Mais Benjamin replante chaque année de nouveaux arbres pour rajeunir son verger. Il a quand même gardé un vieux pommier d’une variété rare et assez ancienne, pour sauvegarder l’espèce.

Il faisait vraiment froid, Katia et Prune étaient transies. La visite a été difficile au bout d’un moment, mais nous nous sommes remis en marche (ça réchauffe) et avons rejoint le poulailler. Benjamin a monté ce projet cette année avec sa sœur Margaux. http://lafermelevillage.unblog.fr/2011/09/12/lundi-12-septembre-2011/. Les 16 poules et un coq disposent d’un parcours de promenade en forêt et d’un chalet pour la nuit.
Chaque poule pond un œuf tous les 1 jour et demi. Au début, elles ont eu des œufs en plâtres à couver pour savoir où pondre et éviter à l’éleveur de marcher sur les œufs (qui étaient pondus partout, sauf dans les nids). Elles picorent en liberté dans leur espace grillagé et ont droit à du grain bio et des coquillages de Normandie (pour le calcium nécessaire à la coquille des œufs).

Dans la cabane, des perchoirs leur ont été construits pour la nuit, mais elles veulent TOUTES se mettre en hauteur les unes à côtés des autres sur une planche au dessus des nids. Quand les quinze premières sont en place, arrive la dernière, une poule rousse qui saute au milieu des autres. Mais la planche est trop petite, et en s’intercalant, la seizième fait tomber celle du bout qui va s’endormir sur l’un des perchoirs restés libres ;-).

Nous arrivons à la serre qui sert de pépinière. Là, grandissaient des plantules de salades et herbes de toutes sortes.
À côté, Benjamin nous a aussi montré son immense “frigo à patates”. Il y conserve les pommes de terre de 6 variétés différentes qui entreront dans la composition des paniers d’hiver. C’est un investissement coûteux (tous les matériels agricoles sont chers, même d’occasion), mais indispensable à la bonne conservation des pommes de terre.

Nous avons terminé ce tour d’horizon par une pause chaleureuse et salutaire, au coin du poêle à bois, chez Benjamin. Nous avons pris le temps de lui présenter notre AMAP du Panier Blomet, nos activités, les partenariats diversifications, les référents, ville en transition, etc. Il a été très impressionné par la diversité, le dynamisme de l’association et l’implication de ses fondateurs et des personnes portant les divers projets.
L’AMAP de Goussonville ne fonctionne pas en association mais sur l’entente de gré à gré avec les familles du village. Le mode de gouvernance choisis par cet AMAP est basé sur la sociocratie. Pour aller plus loin sur ce concept vous pouvez lire le règlement intérieur sur cette page http://lafermelevillage.unblog.fr/telechargement/. Benjamin se méfie des enjeux de pouvoirs pouvant exister dans les associations où le pouvoir est concentré dans les mains de quelques uns. À Paris, le statut d’association semble nécessaire ne serait-ce que pour pouvoir obtenir un lieu de distribution.

Nous l’avons interrogé sur sa capacité de production. Il pourrait fournir, vingt paniers supplémentaires et les livrer sur Paris (50mn de trajet entre Goussonville et la porte de Saint-Cloud). Dans une optique de dissociation des deux lieux de distribution en deux associations distinctes, il pourrait approvisionner les paniers pour “Duhamel”.
Mais le temps passe et il nous en a manqué pour aller au fond des choses (il était déjà 20h). Nous avons quand même envisagé la possibilité de commencer le partenariat avec Benjamin après la rupture d’un mois en avril, soit début mai 2012.

Le contact (prometteur) est pris, mais beaucoup de choses restent à discuter et à fixer avec Benjamin prochainement. Nous avons décidé de revenir un weekend fin novembre ou début décembre, avec Agnès, Kerstyn et les adhérents de Duhamel qui le souhaitent pour discuter d’un partenariat futur et visiter sa ferme.

Benjamin a mis l’accent sur l’importance pour lui de l’implication du consommateur. Il souhaite vivement que les consommateurs se déplacent pour voir comment sont cultivés ses légumes et qu’ils mettent, la main à la terre.
Il organise des ateliers hebdomadaires, les mercredis et les samedis, où l’on peut venir apprendre différentes techniques et … lui donner un coup de main.

Sa philosophie et à sa démarche de producteur, sont très intéressantes et nous semblent en accord avec ce que nous recherchons au Panier Blomet.

À vous de venir voir, maintenant !

Le blog propose beaucoup de recettes et d’autre informations : http://lafermelevillage.unblog.fr/

 

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