CR Fête de fin de partenariat

logo_PanierDeux jours avant la dernière séance de partage des produits de la ferme du Bec Hellouin, quelques AMAPiens de Panier Blomet se sont rendus sur le site pour une dernière visite officielle à nos producteurs, Charles et Perrine Hervé-Gruyer.

Nous étions une douzaine à peine : Stéphanie et Vincent D&P, Arnaud L, Marc-Olivier et Delphine P&G, Dalila, Alexandre et Claudia A du côté de distribution Mademoiselle; Raphaëlle B, Jean-Christophe V et Arnaud B du côté Duhamel. Nous nous sommes casés dans trois voitures différentes pour le transport. Le départ s’est effectué peu après 10h, et nous sommes tous arrivés dans les mêmes temps à la ferme.

L’éclatant soleil matinal ne nous a pas abandonné en cours de route, malgré de fréquentes, mais provisoires disparitions derrière un nuage de passage. En arrivant, la petite parcelle de terre déjà foulée par plusieurs d’entre nous était baignée d’une lumière agréable, un peu pâlotte, caractéristique des calmes journées d’hiver. Si ce n’était l’absence des impressionnants lots de pommes dispersées à ras le sol qu’il nous avait été donné de voir (et même de piller, dans une infime mesure) lors de la dernière journée de visite familiale, rien ne semblait, dans un premier temps, avoir été marqué par la survenue du froid.

Chacun s’est promené à sa guise dans les jardins pendant que Charles, qui s’était mis aux fourneaux, parachevait une petite œuvre culinaire préparée tout spécialement pour l’occasion.

Le froid ne nous épargnait pas, mais il ne semblait pas affecter beaucoup le trio formé par les deux petites filles de Charles et celle de Delphine et Marc-Olivier, les deux premières nous offrant une véritable visite guidée des lieux et une présentation des résidents. Ainsi en traversant les diverses îles, serres, buttes et rangées de légumes, nous avons croisé une petite horde de poules, les deux chiens espiègles qui sans cesse réclamaient notre attention et nos câlins, l’ânesse Alice qui a bien voulu être prise en photo et son voisin le cheval qui n’avait pas l’air avide de notre compagnie…

En passant devant lesdites rangées de légumes, force nous a été de constater que le gel était bien passé par là. Seuls une faible proportion des spécimens ont été épargnés, notamment les plants de mâche et salade restés à l’abri sous la serre. Cela était triste à voir, de si beaux choux et poireaux qui auraient pu grandir bien plus, et que Charles prévoyait de récolter prochainement.

Après cette courte flânerie champêtre, Charles nous a conduits à l’intérieur de l’éco-centre, où nous avons découvert les différentes salles qui sont utilisées lors des formations qui ont lieu sur la ferme. L’atmosphère y est paisible et conviviale, nous y serions restés volontiers plus longtemps si tout l’espace n’était pas saturé par un froid glacial.

Alors nous nous sommes empressés de nous rendre dans la salle à manger, où brûlait un bon feu au coin de la cheminée. Chacun a déposé les mets préparés à l’avance sur une table qui a servi de buffet. Certaines cuidités ont été réchauffés à la cuisine et la table a été mise avec l’aide de Rose, troisième enfant de Charles. Nous avons également pu rencontrer Lilia, l’aînée, qui après un bref passage dans la pièce est ressortie en compagnie d’une amie.

Avec nos deux hôtes Charles et Perrine, nous nous sommes confortablement installés autour d’une table et le déjeuner s’est tranquillement déroulé, au milieu des conversations tantôt discrètes, tantôt enjouées, que nous tenions les uns avec les autres. Le repas constitué de différentes salades froides, de crudités, de pain, d’une quiche et d’autres plats salés, ainsi que de deux pâtisseries (dont la tarte aux fruits confectionnée par Charles) avait de quoi satisfaire tout le monde. Les boissons constituaient en quelques bons vins rouges, du jus et du cidre de pomme de la ferme.

Les enfants ont vite déserté la pièce, mais la plupart d’entre nous nous sommes ensuite progressivement rassemblés autour du feu, finissant les discussions avant de ranger la table.

Quinze heures ayant déjà été dépassées, la question s’est posée de savoir si nous allions prolonger encore un peu la visite. Le froid mordant persuadait plutôt de ne pas s’éterniser trop longtemps, mais notre petit groupe a finalement cédé à l’invitation de Charles de faire une courte ballade dans les terrains situés au-dessus de l’abbaye du Bec Hellouin. Les quelques réfractaires initiaux (s’il y en a eu plus que deux…), dépendant de la voiture de leurs compagnons pour le voyage du retour, ont suivi. Et après deux minutes de route en voiture, nous avons marché encore un tout petit peu dans le bois et sommes entrés, par le dessus, dans le terrain surmontant l’édifice monastique ; le même bout de terre où, ceux qui étaient de la dernière journée d’aide à la ferme s’en souviennent, nous avions déterré des sacs de pommes de terre à n’en plus finir. Et c’est aussi un petit peu plus en aval que nous avions dû aller chercher des courges géantes ! Un autre défi de taille à l’époque, quand il y avait encore tout un taillis d’herbes sauvages, d’hautes tiges en bois qui se dressaient partout entremêlées d’orties, avec en reste une quinzaine de rangées de jeunes poireaux en croissance qu’il fallait ne pas écraser ! Mais à présent, il n’y avait plus rien de tout cette broussaille. Les plantes avaient été dévorées par les animaux sauvages poussés à sortir du bois par la faim durant les jours les plus froids, et aucun légume ne pouvait plus être à en tirer. Le paysage dégagé nous a par contre permis de distinguer clairement le poney Harmonie qui appelait au loin à notre arrivée, et son prétendant Galopin facilement identifiable par sa coupe assez… soixante-huitarde, pour reprendre l’expression de l’un de nous.

Comme consolation des pertes essuyées, Charles nous a montré son verger, composé de nombreux petits arbres fruitiers tels figuier, poirier, pommier, prunier, et même cerisier je crois bien. Ils n’avaient pas encore de fruits car trop jeunes, et Charles regrettait de n’avoir pas le temps de s’en occuper comme ceux des jardins tout près de sa maison. Il a aussi commencé à expérimenter la culture d’une vigne au même endroit ; il espère trouver quelqu’un qui pourra s’occuper de ce terrain, indéniablement beau et prometteur.

Nous nous sommes tous petit à petit réchauffés, profitant du calme et pour certains, de la solitude, découvrant les petites pousses d’orties nouvelles qui émergeaient après le gel…

Une distraction majeure était de voir l’un des deux chiens de Charles, pour lequel ce n’était pas assez d’avoir causé de nombreuses sueurs froides à quelques poulets de la basse-cour, aller et venir en trottant, la langue pendante, autour d’un groupe de douze adorables moutons noirs que nous avons eu la chance d’observer. Complètement déstabilisés, acculés ensemble contre une barrière, ils ont fini par faire mine de le charger, mais ne sont pas allés jusqu’à l’attaquer en groupe. S’ils avaient osé, cela aurait sans doute mis fin à la fanfaronnade de notre ami joueur !

Avec les voitures, nous nous en sommes retournés, faisant une dernière halte à la ferme après nous être une nouvelle fois arrêtés pour explorer une vieille grange inutilisée, dans un site pour le moins pittoresque…

Tout le monde avait été content de (re)trouver Charles et Perrine nous accueillant comme toujours, nous témoignant leur attachement et leur amitié… Nous sommes repartis pleins de pensées positives pour eux, dans un climat bienveillant, après qu’ils aient une nouvelle fois fait vœu pour notre AMAP, et pour nous tous les adhérents, de bonne continuation.

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